
Dermatose nodulaire
contagieuse bovine – DNC
Point de situation en Grand Est et en France
Actualité 24 février 2026 : publication de l’instruction technique DGAL/SDSBEA/2026-37 relative aux conditions applicables aux mouvements des bovins, de leurs produits germinaux et du lisier.
La DNC est apparue en France, pour la première fois, en juin 2025 en Savoie. Dans cette zone tous les foyers ont été éteints grâce à la stratégie de lutte mise en place et la campagne de vaccination. A ce jour 117 foyers ont été détectés en France, concernant 82 élevages. Les plus récents sont localisés dans le Sud-Ouest de la France. Une campagne de vaccination massive est en cours dans les 10 départements concernés.
Les élevages foyers se repeuplent.
Le dernier cas remonte au 3 janvier 2026. La France ne compte plus aucune zone de protection liée à un foyer survenu en France.
À la date du 29 janvier 2026, 96,5 % du cheptel des dix départements du Sud-Ouest concernés est vacciné.
Nombre de foyers, zones réglementées, zone vaccinale, restriction des mouvements et modification des délais de notification et autres informations actualisées : consulter le site du ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.
Le Grand Est est indemne de DNC. Cependant plus d’une dizaine de suspicions de DNC ont été traitées (résultat PCR négatif). La vigilance est de mise.
A ce propos, en Grand Est, le conseil régional d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale s’est réuni vendredi 19 décembre 2025. L’ensemble des participants à ce CROPSAV, uniquement dédié à la DNC, est
unanime sur l’importance du maintien du statut indemne de notre région.
Chaque organisme, chacun dans son domaine, a présenté des actions à mettre en place pour y parvenir. Les organisations professionnelles vétérinaires (GTV, SRVEL, CROV Grand Est) ont produit une fiche de recommandations sur la gestion des risques liés aux introductions, ainsi que sur les grandes mesures de biosécurité à mettre en place à tous les niveaux.


Mieux connaitre la maladie pour se préparer : boite à outils du vétérinaire sanitaire
La détection précoce est un facteur essentiel. Profitez de vos visites en élevage pour réaliser une surveillance de la DNC.
Faites un signalement à la DDecPP au moindre doute à n’importe quel moment de la journée et de la semaine (24h/24, 7j/7) et avant de vous déplacer rappelez-vous que les mesures de biosécurité sont primordiales.
En cas de doute : signalement à l’administration
Autres ressources disponibles : liens utiles
Conférence de presse SNGTV, CNOV, SNVEL du 16 décembre 2025
Toutes les publications DNC du GTV OVVT Grand Est
Bulletins hebdomadaires de veille sanitaire internationale | PLATEFORME ESA
Trois podcasts DNC avec Stéphanie PHILIZOT vétérinaire et présidente de la SNGTV : cliquez pour écouter
Création et production par l’association et média Baleine sous Gravillon, le média du Vivant.
Eradiquer : stratégie de lutte
En cas de foyer, la stratégie mise en place pour atteindre l’éradication est basée sur un TRIPTYQUE indissociable :
- Dépeuplement du foyer : retirer la source virale
- Interdiction des mouvements : ne pas déplacer des animaux potentiellement contagieux
- Vaccination de tous les bovins dans les 50 km autour du foyer : éviter que ces animaux ne servent de relais au virus
L’absence d’une des ces trois mesures a montré les limites de l’éradication.
L’ampleur de l’épidémie suscite naturellement des réactions; nombreuses sont les questions des professionnels de l’élevage ou des citoyens lambdas. Parfois des fausses informations circulent. Il est important de rétablir la vérité sur certains points.
Pourquoi ne pas soigner ? (L’impossible isolement) Aucun traitement n’existe contre ce Poxvirus. L’isolement est inefficace car les insectes vecteurs transportent le virus du malade vers le voisinage, rendant toute barrière physique illusoire.
Pourquoi l’abattage est-il impératif ?
Précision importante : Il ne s’agit pas d’abattre systématiquement tout un élevage, mais la totalité de l’unité épidémiologique concernée (le lot d’animaux en contact). Si l’élevage possède des unités distinctes sans contact, le reste peut être épargné.
- L’incubation (28 jours) : Des animaux apparemment sains excrètent le virus. Les retards d’abattage (ex : recours juridiques en Savoie) ont prouvé que ces délais permettent la contamination des élevages voisins.
- Le diagnostic : La virémie est transitoire et aléatoire. La PCR sur sang n’est donc pas pertinente et ne permet pas de surveiller la maladie. Le diagnostic de certitude repose impérativement sur la PCR sur biopsie de nodule.
- Avis EFSA : L’abattage partiel ne fonctionne que sur une population déjà vaccinée. Sur une population naïve, l’abattage total est la seule méthode pour stopper l’incendie viral.
- Risque économique majeur : La présence du virus ferme les frontières. Une éradication lente ou incomplète bloquerait durablement les exportations mettant en péril la survie économique de toute la filière française.
Limiter la souffrance : La maladie est invalidante (nécroses profondes, …). L’abattage évite une crise prolongée et des souffrances chroniques.
Site Internet du Ministère « démêler le vrai du faux »
Vous protéger ! Proposition des organisations professionnelles vétérinaires
Pas de communication presse ni réseaux sociaux
Par leur prise de parole certains vétérinaires ont pu récemment faire l’objet de menaces insoutenables. Aussi, pour toute communication, il est conseillé de renvoyer les demandes vers la conférence de presse SNGTV, CNOV, SNVEL du 16 décembre 2025.

Alerte et incivilités
Les abattages préventifs génèrent des tensions et des risques d’agression envers les vétérinaires, même hors zones rurales.
Conduite à tenir :
- Ne restez pas seul : Partagez immédiatement tout incident avec vos confrères.
- Déclarez l’incivilité : indispensable via l’Observatoire national https://extranet.veterinaire.fr/declarations-des-incivilites
Quelques éléments concernant la vaccination
La vaccination est mise en place dans deux cas de figure uniquement :
- La présence de foyers dans la zone.
- L’existence d’un risque important d’introduction du virus dans la zone concernée, même en l’absence de foyers (c’est le cas en Corse du fait de la présence de DNC en Sardaigne, ou dans les départements proches des derniers foyers en Occitanie).
Aujourd’hui, 3 contraintes se posent pour une éventuelle vaccination de l’ensemble du territoire :
- Défi logistique : on estime qu’il faudrait une année pour recevoir du vaccin, approvisionner l’ensemble des cabinets vétérinaires et vacciner 16 millions de bovins.
- Contrainte commerciale/économique : la vaccination induit des restrictions fortes sur les déplacements de bovins vaccinés, qui ne peuvent plus être exportés dans les mêmes conditions qu’en l’absence de vaccination. En effet, en cas de vaccination généralisée, l’ensemble du territoire métropolitain perdrait son statut « indemne » vis-à-vis de la DNC.
- Contrainte/limite sanitaire : le risque de vacciner l’ensemble du territoire français est d’obtenir dans les zones indemnes une couverture vaccinale moyenne, loin des 90 % nécessaires pour éradiquer le virus. Cela risque ainsi de créer un écran de fumée qui détériorerait la qualité de surveillance.
Stratégie de vaccination 2026
Le conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV), également appelé Parlement du sanitaire s’est réuni le 9 février 2026 afin de se positionner sur la stratégie vaccinale à adopter face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) pour l’année 2026.
Différents scénarios ont été présentés : l’arrêt de la vaccination, la poursuite de la vaccination dans les zones déjà concernées, ou encore l’extension de la vaccination à tout le territoire de France continentale. Chacun des membres du CNOPSAV a été invité à s’exprimer.
A l’issue des échanges, une large majorité des participants s’est prononcée en faveur du renouvellement de la vaccination dans les zones concernées par la maladie en 2025 : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.
Concernant les modalités de déploiement, elles seront précisées dans chaque région concernée par le Conseil régional d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CROPSAV).
Lien vers le communiqué de presse du ministère.






