Point de situation en Europe et en France
(mise à jour 1er octobre 2026)
Depuis le 01/01/2026, 715 foyers domestiques et 6 448 cas sauvages ont été détectés en Europe.
Nos voisins sont touchés par la PPA : Allemagne, Italie, Espagne ; mais aussi bien d’autres pays européens.
Voir le détail sur le site de la plateforme ESA (parution du bulletin hebdomadaire de veille sanitaire internationale chaque mardi soir) : https://www.plateforme-esa.fr/fr/bulletins-hebdomadaires-de-veille-sanitaire-internationale-
La France est indemne mais il faut rester vigilant.
La situation épidémiologique et les cas récents rappellent que la PPA peut arriver n’importe où, n’importe quand.
#biosécurité tous concernés.
Accès directs – ressources
Rappel sur la PPA
La peste porcine africaine (PPA) est une maladie contagieuse, qui touche uniquement les suidés (en Europe, le porc et le sanglier).
Elle est causée par un virus, seul membre de la famille des Asfarviridae. Ce virus est extrêmement résistant dans le milieu extérieur. Il affaiblit le système immunitaire des animaux, l’immunité est donc très mauvaise. La phase d’incubation dure 3 à 15 jours habituellement.
Source de virus
- Tous les exsudats d’un animal malade ou ayant survécu à la maladie : sang (le virus résiste 1,5 ans dans le sang à 4°C), mucus nasal, semence, fèces, salive, urine, exsudat conjonctival. Donc attention à tout vecteur (vivant ou inanimé) ayant été en contact avec ces exsudats.
- Tiques vectrices (dans les régions où elles sont présentes, ce qui n’est pas le cas en Europe de l’Est), insectes (résiste 48 h sur une mouche)
- Viande infectée, non cuite (résiste 3 ans dans de la viande congelée, plusieurs mois dans les salaisons).
Signes cliniques
Attention, en ce qui concerne les souches détectées en Europe (génotype II) la contagiosité est subtile et progressive à l’intérieur d’un élevage de porc atteint : on constate en effet des agrégats d’animaux malades ou morts, non généralisés à l’ensemble des lots de l’élevage et qui peuvent mettre du temps à s’étendre à d’autres cases, salles ou bâtiments, notamment si la biosécurité interne de l’élevage est très stricte. Cette caractéristique peut retarder l’atteinte des seuils d’alerte s’ils sont examinés à l’échelle globale du troupeau plutôt qu’au niveau des unités épidémiologiques.
Symptômes classiques, seuls ou associés, en cas de maladie aiguë :
- Hyperthermie (40-42°C), abattement, anorexie
- Mortalités
- Troubles respiratoires (dyspnée, toux, avec éventuellement des hémorragies nasales)
- Diarrhée et vomissements (éventuellement hémorragiques)
- Avortements et/ou mortinatalité
- Signes cutanés : hyperhémie, pétéchies, cyanose. Principalement des extrémités (oreilles, pattes), poitrine, périnée. C’est une maladie rouge.
Attention, lors d’une visite vétérinaire, l’ensemble du troupeau doit donc être examiné.
Photos, lésions nécropsiques et diagnostic différentiel :
voir fiche maladie SNGTV
Conduite à tenir par le vétérinaire en cas de suspicion de PPA
Le vétérinaire sanitaire tient un rôle capital : détection des signaux, signalement aux services de l’Etat, réalisation de prélèvements. Retrouvez ci-dessous les principales procédures à respecter en cas de suspicion de PPA.

Source : DGAL
Au moindre doute signaler à la DDecPP !
Tout retard de déclaration peut entraîner un retard important de contrôle du foyer.
Observation des animaux :
- A l’échelle du parc/salle : examen initial
- Individuellement : examen visuel rapproché
Voir la fiche surveillance maladies ci-dessous : numéros DDecPP et urgence (Préfecture)
Si le signalement est confirmé en suspicion par la DDecPP, le vétérinaire sanitaire doit alors réaliser les prélèvements :
ne pas réaliser les prélèvements sans l’accord de la DDecPP
Prélèvement sur 5 suidés dans chaque sous unité épidémiologique (salle, bâtiment, parc, enclos) avec expression clinique :
- En priorité : suidés morts depuis quelques heures ou moribonds préalablement euthanasiés :
- Organe à prélever : 20 g de rate, à défaut amygdales ou ganglions lymphatiques ; 1 seul organe par contenant avec identification du prélèvement (animal prélevé – date)
- A défaut : suidés présentant de l’hyperthermie > 40°C
- Prélèvements de sang
Les prélèvements doivent être conditionnés, emballés, accompagnés de la fiche des commémoratifs.
Mettre les portions d’organe dans un flacon sec, stérile et étanche + triple emballage. Garder les prélèvements sous couvert du froid (4°C).
La DDecPP est en charge d’organiser l’envoi des prélèvements au L2A, laboratoire de Strasbourg agréé PPA (ou dans l’un des deux autres laboratoires agréés).
Un arrêté préfectoral de mise sous surveillance (APMS) est signé pendant cette période de suspicion. Une enquête épidémiologique est lancée.
Lorsque que le résultat revient positif au L2A, les prélèvements sont transmis au laboratoire national de référence (LNR) de Ploufragan = suspicion forte.
La biosécurité du vétérinaire est essentielle
Lorsque vous réalisez une visite de suspicion en zone réglementée, nous vous invitons à organiser vos tournées de telle sorte à terminer par la zone en suspicion.
Si vous devez réaliser une autopsie, la biosécurité est également primordiale : consulter la fiche autopsie biosécurité SNGTV.
Prévention contre l’arrivée de la peste porcine africaine
Le caractère aléatoire apparent des émergences de PPA démontre qu’aucune zone ne peut être considérée à l’abri et une augmentation de la fréquence des cas n’est pas impossible. Il convient donc de veiller aux règles de biosécurité dans tous les élevages et répéter sans cesse les nécessités et relever les points d’amélioration auprès des éleveurs.
Les principales mesures de biosécurité en élevage
La mise en place et le respect de mesures de biosécurité dans les élevages est indispensable dans la prévention de la PPA.
Biosécurité vis-à-vis de la faune sauvage : éviter tout contact entre porcs et sangliers (clôtures…), y compris indirect (litières, …)
Biosécurité vis-à-vis des visiteurs : sas d’entrée, douche ou a minima lavage des mains, changement de vêtements et de bottes, délai d’au moins 48 heures entre tout contact direct ou indirect avec des sangliers ou un élevage d’une zone contaminée et l’entrée dans une exploitation porcine. Attention particulière aux éleveurs-chasseurs.
Ne pas distribuer de déchets de cuisine aux suidés (porcs, sangliers). Le personnel ne doit pas s’alimenter dans l’élevage, surtout s’il mange des produits à base de viande de porc ou de sanglier.
Biosécurité camions (animaux, aliment, équarrissage), biosécurité du quai d’embarquement.
Une politique active de prévention et d’anticipation est menée à l’échelle de la région Grand Est.
Retrouvez les éléments détaillés sur la publication dédiée.
Autres ressources disponibles
Besoin d’appui ? Le correspondant technique OVVT filière porcine Alain Mayer est à votre disposition pour vous aider.
N’hésitez pas à nous contacter à coordination@gtv-grandest.fr.
Communication éleveurs :
Quand suspecter la PPA / Quand suspecter la PPA version détenteurs de sangliers
Fiche biosécurité pour les éleveurs
Fiche biosécurité pour les éleveurs de plein air
Fiche biosécurité dans les transports pour les éleveurs
Documents IFIP biosécurité prévention PPA
Communication petits détenteurs :
Fiche biosécurité petits détenteurs
Campagne de sensibilisation du Ministère :
La campagne « peste porcine africaine » vise à sensibiliser les voyageurs, les éleveurs et les chasseurs aux mesures de précaution à respecter impérativement pour ne pas introduire ou véhiculer le virus en France. L’avenir de la filière porcine en dépend. Soyons tous vigilants !
https://agriculture.gouv.fr/peste-porcine-africaine-le-kit-de-communication
Les messages clés à respecter sont :
- Ne pas revenir pas de pays infectés avec des produits à base de porc
- Ne pas jeter les restes alimentaires dans la nature
- Jeter les restes alimentaires dans des poubelles fermées et adaptées
- Signaler les cadavres de sangliers au réseau SAGIR (Fédération départementale des chasseurs ou Service départemental de l’Office Français de la Biodiversité)
Que se passe-t-il en cas de foyer PPA ?
En cas de confirmation d’un foyer de peste porcine africaine, diverses mesures, incluant des restrictions de mouvements, sont prises par les services de l’Etat au niveau de l’élevage et dans une zone réglementée autour de celui-ci.
L’élevage est déclaré foyer lorsque le laboratoire national de référence (LNR) a confirmé les résultats positifs.
- L’élevage est mis arrêté préfectoral de déclaration d’infection (APDI)
- L’enquête épidémiologique se poursuit : elle permet d’identifier tous les liens, de comprendre comment l’élevage a été infecté (gestion des élevages en lien épidémiologique, gestion des produits et sous-produits)
- Viennent ensuite les opérations de dépeuplement du foyer, de nettoyage désinfection
- Puis vide sanitaire de 15 jours nécessaires à la levée de l’APDI
Liens utiles
Toutes les publications PPA du GTV OVVT Grand Est
Guide épizootie : PPA édité par le ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Foire aux questions « Peste porcine africaine »
Derniers bulletins hebdomadaires de veille sanitaire internationale (BHVSI) – santé animale


